QS vs. the media

VICTOIRE magazine, 20 juin 2009.

Sorties déjantées
Entre musique, cabaret et performance, des artistes se mettent en scène. Mêlant dérision, absurde et surréalisme.
Par Catherine Callico. photos Arnaud de Harven.

Depuis un moment, des groupes musicaux décalés squattent la scène belge. Avec des noms comme les Quiet Stars (Les stars tranquilles), Nadiamoooour (Nadia Mouskouri, du duo les Brokenaerts), Black Light Orchestra, Alek et les Japonaises (même s’il n’y en a qu’une de Japonaise), Tom and Jerry ou Vinz, pour en citer quelques-uns. L’essence de ces formations étant de faire de la musique non dénuée de sens mais sans se prendre au sérieux. Voire même sans être musicien, mais plasticien, journaliste, comédien, danseur, sorcier… tout en cultivant une rigueur professionnelle.
Les répertoires brassent les genres – reprises des années 60 à 80, bossa nova, kitsch pop, musique classique, rock chrétien – et des références puisées dans le monde animal, la poésie, des objets détournés ou la rupture amoureuse. Le point commun entre tous, c’est un humour déjanté, à travers le discours, les textes, la technique, la mise en scène. Des costumes aux accessoires de scène. Paillettes pour les Brokenaerts, tenues d’animaux pour The Black Light Orchestra, robes de chambre pour les Quiet Stars… Chacun invite à un trip dans un univers propre, qui se révèle drôle, émouvant, faussement pathétique.

Réseaux et cafés-concerts
Avec ce type de formation, on est ni dans le concert ni dans le théâtre, mais dans un mélange des deux, qui se rapproche de la performance artistique, révèle David Elchardus, programmateur des Oranja Nites, qui se tiennent un soir par mois au café Dada, à Bruxelles, depuis le mois de septembre. Le concept ? Présenter simultanément deux groupes bruxellois, pas forcément liés entre eux, mais qui sont dans ma tête, par une chanson ou un répertoire similaire, ou une raison obscure… L’idée est de provoquer la rencontre entre deux groupes issus d’univers différents et leurs publics. La plupart du temps, la sauce prend.
C’est au fil de ses connaissances et en se rendant compte du potentiel d’artistes bruxellois qui explorent des voies atypiques que David Elchardus a eu envie de monter un projet musical autour de ces groupes. Ce type de prestation trouve un terrain propice à Bruxelles car, ici, les gens rient facilement d’eux-mêmes et font les choses avec humour. Ils n’ont pas peur de se prendre des râteaux et continuent à essayer d’aller là où personne n’a essayé d’aller. Si on prend les Quiet Stars, cela reste très surréaliste. On ne sait jamais si le morceau est terminé ou pas, ils jouent sur la répétition, la longueur…
Le plus souvent, ces musiciens, improvisés ou non se produisent dans d’autres lieux alternatifs (La Compilothèque, La Filature, Le Schip…), populaires (cafés, mariages, vernissages) et parfois au Botanique, qui assure notamment la promotion de la musique en Communauté française via des festivals. Un petit réseau bruxellois se constitue. Via de nouveaux lieux et des cafés qui refont des concerts. En Flandre, cela existait déjà avant. Ici, les gens se secouent à nouveau pour trouver de chouettes concepts, inviter des DJ ou des musiciens en concert dans leurs établissements. Tout cela insuffle une fraîcheur et un dynamise neufs dans le milieu. (…)

Quiet Stars
Un peintre flamand, un danseur autrichien, un journaliste wallon “pensionnés”. Au sein des Quiet Stars, Peter Kern, Quentin Legrand et Remi Mercelis (absent sur la photo) jouent une musique de papier peint faussement improvisée.

Comment a débuté votre histoire commune ?
On s’est rencontrés au café du Beursschouwburg en 1998. Ã l’époque, Quentin venait d’acheter un saxophone, Peter une petite guitare et Rémi avait un synthé Casio. Comme on ne savait pas jouer, on a décidé de commencer ensemble. Puis, on nous a demandé de nous produire pendant quatre heures aux Halles de Schaerbeek, dans le cadre de Bruxelles 2000. Comme notre répertoire est réduit, on a repris des refrains pendant deux heures. Les gens ne faisaient que passer et personne ne s’en rendait compte. On joue toujours les mêmes morceaux. C’est de la musique “fragile”, entre poésie et bricolage. On est souvent invités à jouer lors de vernissages, mariages, anniversaires, il y a quelques mois au Botanique et le 24 juin à l’Atomium.

Cette improvisation est votre marque de fabrique depuis dix ans, que ce soit dans les morceaux ou la technique…
Quand on joue en live, on fait de la fausse improvisation. Remi a une oreille parfaite et écrit les partitions sur un tableau, Quentin s’adresse au public et Peter gère l’esthétique de babord et l’éclairage. Chaque erreur est un choix artistique et chaque choix artistique est une erreur.

Vous faites de la musique papier peint ou amuse-gueule, qu’entendez-vous par là ?
Notre répertoire mêle la bossa nova, l’easy jazz, la kitsch pop et la musique classique. On monte un morceau par an, chacun dure entre six minutes et une heure trente et on a sorti un premier album il y a trois ans. (…) On a aussi réalisé la musique du dernier long-métrage de Martine Doyen, Peter joue régulièrement dans ses films. On prépare d’ailleurs un agenda pour l’été, avec des photos et des notes à l’occasion des dix ans du groupe.

SNOTREBEL, 5 septembre 2001.

QUIET STARS & Paul D’Anvers
Par Ivan Retroff, Mercredi 5 septembre 2001 au Recyclart Bar… Bxl

“Blame it on the bossa nova!”
Une introduction de rêve pour une bande d’amis qui mélangent la musique brésilienne et toute la musique que j’aimeuh, ahqueu… Elvis Presley!
Techniquement parlant, Quiet Stars est un groupe de bossa nova quasi-traditionnel composé de Peter à la guitare et au kool à la Erroll Flynn, Rémi au clavier Casio et au chapeau tyrolien et enfin Quentin au saxophone en souplesse, Rudolf, le lien avec le Snot étant leur ami et grand fan du King devant l’éternel, Paul D’Anvers.

Peter, par un concours de circonstances, m’avait fait écouter leur démo composée de deux morceaux, leur répertoire live de l’époque. Il y a un an et demi. Depuis, ils ont ajouté un morceau. Et c’est surtout leur prestation d’il y a quelques mois lors d’un vernis très sage qui m’a converti, surtout que leur camarade Paul y avait chanté magistralement “River of No Return” de Marilyn Monroe, voili, voilà, commençons l’interview, qui pré-débuta au Daringman, un sympathique troquet Rue de Flandres, où Paul et Quiet Stars se retrouvent souvent en plus du Coq à la Bourse. Paul nous a alors fait écouter ses démos. J’oubliais, ils avaient tous – sauf Paul – le Relax bag, un sac très branché – 49 BEF, rue du Brabant, Peter m’en a offert un – donc, très Schpountz, les démos à Paul, assez Marshall Crenshaw, pop’n’roll U.S. ac tof, Quiet Stars aiment surtout sa chanson “7 Days & 7 Weeks”, un p’tit tube à la “His Latest Flame”. Réciproquement, Paul aime le + “Blue Monk”, une des 3 chansons de Q.S. (+ le “Star Wars Theme”).

Nous allons au Recyclart Bar, Gare de la Chapelle où Quentin travaille, et où Rémi et Peter font Madame Pipi déguisés en Love Boat crew – la croisière s’amuse – précision de Peter: Camille = Rémi, Eugène = Peter. Et commençons:

SR: Donnez-vous beaucoup de concerts?
QS: De temps en temps.
PD’A: Pas pour l’instant, je me concentre sur mon home made studio.
SR: Quelles sont vos ambitions?
QS: ?!?!
PD’A: D’avoir un hit et puis de faire la musique qui me plait.
QS: De devenir calmes.
SR: Bobbejaanland ou Graceland?
QS: (Rémi y ayant travaillé) Bobbejaan, c’est plus près.
PD’A: Graceland, je chanterai “Love Me Tender” devant sa tombe.
(SR: snif)
SR: Que buvez-vous?
QSR: Bloody Mistake (une variante du Bloody Mary: jus de tomate + genièvre + tabasco, ac brutal!), c’est plus démocratique!
PD’A: Une Leffe.
SR: Un café (sérieux!)
QSP: Un café puis un Bloody Mistake (PS: il n’est que 18h).
SR: Tant qu’on y yeah, votre chanson préférée d’Elvis?
QSR: “Teddy Bear”.
QSP: “If I Can Dream”.
QSQ: “Don’t Cry Daddy”.
PD’A: Pour l’instant: “I was The One”.
SR: Et des Ramones?
QSP: N’importe laquelle de “It’s Alive”.
QSR: Je connais pas (éducation classique).
QSQ: Je connais pas (trop jeune).
SR: Présentez vos animaux domestiques.
PD’A: Oscar, le chien de Martine (son amie).
QSR: Packman, mon chat qui a des yeux incroyables à la Sepul-Tura.
QSP: “Dog’s lovers live longer”, a eu deux poissons pour qui il jouait de la bossa nova le matin.
QSQ: 2 tortues sans nom car il ne sait pas leur communiquer.
SR: Quiet Stars ont un fan club The Quiet Stars Appreciation Society, dont Paul est Membre d’Honneur ce qui le Ravi, Shankar, socialement et monnaietèrement.
SR: Un message pour nos lecteurs?
PD’A: Be a star – Be quiet.
QS: Be quiet – Be a star.

Sur ce, Quiet Stars me récitent leur discours d’introduction de concert, très poétique, que Peter trouve un peu forcé. QS me parlent du Président de leur fan club, Geert Leemans qui vit à la Maison Blanche à Schaerbeek avec Vicky, the First Lady et nous embrayons sur Kinky Friedman, idole de Quiet Stars, un chanteur country juif et texan, détective privé ac hilarant dingue, passé au Club de l’AB il n’y a pas longtemps. Rémi utilise même les recettes de cuisine de Kinky.

SR: Quel est votre chanteur de country préféré?
QSP + QSR: Le chanteur préféré de Kinky.
PD’A: Hank (Williams SR).
QSQ: Paul (D’Anvers).
SR: Quentin, quel est ton saxophoniste favori?
QSQ: Jimmy Giuffre (c’est du jazz).
SR: Aimez-vous danser, grand’mère?
PD’A: Oui, et de préférence avec une femme, jamais avec les Quiet Stars.
=> SR: Ils ont une façon de danser assez foudroyante qu’ils appellent Go Down Technique, un mélange de Rabbi Jacob et de Kung Fu Fighting.

Ajoutons qu’à chaque répétition de QS, Rémi prépare un bouillon au poulet et qu’il joue du Casio dans un groupe qui s’appelle IPFLSTRADLFLIPN (pour les amis et ennemis: IPFL’S) où il chante une reprise kamikaze de “I Would Die For You” de Prince, et qui ont une charmante chanteuse Julia Clever. Nous continuons à boire (café!), Paul a mangé mes chocotofs, et sortira probablement son CD pour Noël; Peter et Rémi sont occasionnellement Disc-Jockey aux Pays-Bas où ils ont du succès auprès des enfants avec du Rockabilly en japonais – Hoki Doki – et je leur laisse le mot de la fin:

PD’A: Chacun pour soi…
QS + SR: Et tout le monde à l’arrivée!

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